Histoire
d’Anjouan
Une entourloupe coloniale
Nous soumettons à votre
jugement et dans l’intégralité la version originale du fameux traité de
protectorat en date du 21/04/1886 signé entre la république Française d’une
part, représentée par Monsieur Gerville-Reache, commandant de Mayotte, et
d’autre part son Altesse Abdallâh Ben Sultan Salim, le sultan d’Anjouan.
L’objectif principal de ce
traité comme il est annoncé en préambule était d’assurer à la France sa
prépondérance à Anjouan, en échange du développement de la prospérité du sultan
d’Anjouan et de supplanter les Anglais à l’époque préférés par l’aristocratie
locale.
D’après le professeur Jean
Martin, dont nous citons son commentaire : « il ne semble pas que ce
texte ait été publié au journal officiel de la république Française »,
première entourloupe.
Nous notons que le tampon
qui émarge au début et à la fin du traité avec signature engage effectivement
la France dans un traité bilatéral d’état à état, entre deux états souverains
d’un côté la France et ses colonies, et de l’autre le sultanat et royaume
d’Anjouan et ses états (auparavant Mayotte et ici il s’agit probablement de Mohéli).
N.B :
« Les îles des Comores » sont citées comme telle article 11 et aujourd’hui, à la lumière de ce traité quels
qu’en soient les défauts ou les avantages, qui pourrait contester le bien fondé
de la lutte Anjouanaise, les revendications de sa population en tant
qu ‘entité à part entière ?
Ils ont le droit de
réclamer leur identité qu’un siècle de colonisation n’a pas réussi à confisquer
totalement.
En 1887 Dorlodot des Essarts mettait en garde
la France en ses termes « Anjouan est une île plus avancée, plus riche,
plus peuplée que les autres Comores.
La famille royale actuelle y règne, presque
sans secousses, plus de quarante ans et la puissance militaire dont elle
dispose…ne doit être dédaignée » (source Jean Martin)
Cette identité a existé
avant l’arrivée de la France, elle a toujours existé pendant la colonisation et
continue d’exister après l’indépendance, se référer aux manifestations de 1997
et à la résistance contre l’armée Comorienne qui commit la tragique erreur d’un
débarquement qui sera fatal à la république fédérale Islamique des Comores.
Aussi nous allons nous
intéresser au drapeau Anjouanais qui incarne cette aspiration de liberté.
Beaucoup de Comoriens ignoraient comme moi que c’est l’emblème royal des
sultans d’Anjouan qui avaient eux connu la reconnaissance internationale.
Si la colonisation a
détruit les symboles forts d’Anjouan, son indépendance réelle, ses dirigeants elle
n’a pas réussi à couper les Anjouanais de leur histoire.
En effet le Chiromani,
symbole représentatif de nos coutumes ancestrales, ce voile léger des tropiques
aux couleurs joyeuses (blanc et rouge), unique dans le monde musulman où les femmes
sont obligées de porter un voile austère, lourd et de couleur sombre,
représente les couleurs emblématiques du drapeau du sultanat.
Le Chiromani
fait partie de notre patrimoine culturel et durant toute l’époque coloniale, il
incarnait notre résistance passive mais pacifique au nez et à la barbe du colon
et de la France coloniale qui avait décidé en 1912 de transformer le
protectorat en colonisation pure et dure pour faire plaisir aux lobbies de
quelques colons avides de terrains à acquérir facilement ou mieux à spolier.
Cet emblème est si fort que
même le tyran Ali Soilih, troskiste-Maoîste n’a pu en venir à bout malgré les
traitements infâmes et infamants qu’il infligeait à nos femmes qui osaient
défier son régime avec ce voile, pardon le « Chiromani ».
Au contraire il a soudé
l’âme Anjouanaise autour de ce symbole qui respire la liberté et donné un coup
de fouet à son succès dans les autres îles sœurs.
A Anjouan, les garçons à
présent possèdent aussi leur chemise, leur cravate ou la casquette aux couleurs
de « Chiromani ».
L’emblème du sultan
d’Anjouan a de beaux jours devant lui encore.
Il exige de nous que nous
respections notre population, ses revendications, et nous engage à renouer avec
notre histoire pour mieux construire l’avenir, lire dans le passé veut dire
aussi reconnaître les erreurs et ne plus les refaire.
Il se trouve
qu’actuellement la population Anjouanaise grogne, se ronge, invective à juste
titre car elle se sent trahie, spoliée par ses propres dirigeants en place qui
ont voulu s’enrichir avec empressement au point de vider les caisses et
d’affamer leurs frères, leurs sœurs, leurs enfants.
Merci La France de les avoir installés en
2001, de leur permettre de placer l’argent des Anjouanais et les biens de
l’état en France en Suisse en Navarre et en off shore.
Merci une fois de plus
d’affamer toute une population et de permettre à leurs tortionnaires de
s’engraisser à volonté d’assassiner des enfants innocents qui ne demandent rien
d’autre qu’à étudier normalement.
La France revendique les
droits de l’homme, la démocratie mais pour les Comores, elle ferme les yeux,
elle se bouche les oreilles et elle file à l’anglaise.
Ces droits les plus élémentaires
sont bafoués quotidiennement peu importe elle se donne bonne conscience et à la
place de la démocratie, elle reconnaît ou installe les dictatures à la pelle.
Elle nous installe des
dirigeants sans scrupule qui se vantent du soutien à tous les niveaux de la
France, peu importe leur degré d’incompétence, de
cupidité, ils sont accueillis avec un tapis
rouge en France, peuvent intriguer circuler et commercer en toute impunité.
Lire Jean Martin «
Les Comores : quatre îles entre pirates et planteurs »
Edition L’Harmattan
Paris (Deux tomes)
Voici les articles
illisibles de la dernière page du traité :
Article
13
Le
Sultan s’engage à prendre les dispositions nécessaires en vue de l’abolition de
l’esclavage dans ses états
Article
14
Le
présent contrat qui sera définitif après l’approbation du Gouvernement de la
République a été signé en présence, d’une part de MM BRION, lieutenant de
vaisseau, commandant du « Chacal », de LESTRAC, sous commissaire de
la Marine, GAUTHIER et LESQUIVIT, enseignes de vaisseau ; d’autre part de
SALIM BEN SULTAN ABDALLAH , MOHAMED BEN SULTAN SALIM, SAID OTHMAN BEN SULTAN
SALIM, SAID ALI BEN SULTAN SALIM, ABDALLAH MOHAMED dit « DIAMOND »,
Premier Ministre ; SAID JAFFAR, Ministre des Affaires
Etrangères ;
SAID
ALI ben SAID MKOU, MOUGNE ALAOUI ben SAID, ABDERRAHMAN el MACELA, MOUGNE ALAOUI
ben SAID OMAR, MOUGNE HALIDI ben ABDERRAHMAN ben ABDALLAH MACELA, JAFFAR ben
SAID ABDERRAHMAN el MACELA, MOHAMED ben
CHEIKH SAKARA, HALIDI ben SAID ALAOUI MACELA, ALAOUI ben ALAOUI MACELA, SAID
OMAR ben ALAOUI MACELA, ALAOUI ben ALAOUI MACELA, SAID OMAR BEN ALAOUI MACELA,
MOUHOUSENI ben ABDERRAHMAN LE HAMIDI, MOHAMED ben ABDERRAHMAN LEHAMIDI, HAMADI
ben MOHAMED ben SAID M’KOU, ABDALLAH ben MOHAMED ben SOIBHY, ABDALLAH ben
ABDERRAHMAN ACHIMOU, ABDERRAHMAN ben CHEIKH GARIDANI, SALIM ben AHAMADI
LEHAMIDI, ABDALLAH ben SAID ASSANI MOHAMED ben ATTOUMANI CADI, MOHAMED BEN
FADILLY BICHYPSY.
« Fait
en trois expéditions à Mutsamudu Anjouan
le 21 Avril 1886
(16
Radjabou 1303 A. H.), « Ere de l’Hegire »